IMPARTIE

Bruce Bégout, Zéropolis, Paris, Allia, 2013.

 

« Dans sa stupéfaction instantanée, il n’y a aucun moyen disponible pour distinguer le réel du fictif, puisque le plus ordinaire est, dans cet univers, le plus improbable. Le fictif ne se substitue pas, selon une logique de l’artefact, mais se donne pour unique référent. […] Il faut se garder de toute ironie de la distance. C’est là que repose le pouvoir primordial de l’hallucination spectaculaire de Las Vegas : nous convaincre qu’il vaut mieux ne pas refuser de croire. » (p.76)

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Bruce Bégout, Le parK, Paris, Allia, 2010.

 

Le ParK, c’est la description d’un univers qui fait la synthèse de tous les parcs qu’il est possible d’imaginer, de Disneyland à Guantanamo. Avec lui s’ouvre « une nouvelle phase dans l’ère du divertissement de masse », mais qui dépasse les notions mêmes de divertissement et de loisir. C’est un parc immense : une année ne suffit pas pour en faire le tour et en découvrir toutes ses « attractions ». Les guillemets ont ici toute leur importance, puisque ces « attractions » sont si délirantes et violentes qu’elles ne provoquent chez le visiteur qu’ahurissement et malaise. Celui-ci paiera sa place au prix fort et viendra au ParK dans l’esprit d’un voyeuriste.

 

Le parc devient pour moi la combinaison ultime de tous les symboles de la stupidité réunis dans un lieu à la frontière entre le réel (le tangible, le matériel, l’être) et le virtuel (le faux, le spectacle, le paraître)

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Umberto Eco, La guerre du faux, France, Grasset, 1985.

 

Dans le texte « La Culture comme spectacle » (tiré de la revue La Società, cahier n°2, 1980) Umberto Eco explique la différence entre la « haute » culture (littérature savante, philosophie…) et la culture comme spectacle, idéologie qui part du présupposé que le spectacle est amusant. Il termine par cette analyse, qui me permet d’aller un peu plus loin dans ma réflexion quant au rapport de la société avec le spectacle :

« [...] Il s’agit d’un “spectacle” au pire sens du terme : une fausse vie représentée sur l’estrade pour que le public, silencieux, ait l’illusion de vivre, par personne interposée.

Mais ce sont les dégénérescences d’une société dite justement “du spectacle". Il n’est pas dit que la culture comme spectacle dont nous parlions soit le produit d’une société du spectacle ; elle peut au contraire en être l’alternative. Une façon d’échapper aux spectacles organisés pour en créer d’autres. Et dans cette perspective gardons les nerfs solides. On verra bien. » (p.170-171)

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Alain Della Negra & Kaori Kinosh, La tanière, 2009

 

Voici un extrait de documentaire sur le mouvement des Furries, des créatures antromorphes à mi chemin entre des peluches et des personnages de dessin animé. Cette communauté underground est née dans les années 1980 qui s'est développée avec l'émergence d'internet. Les furries ont fait le choix d’une existence alternative en s’identifiant à un animal totem, dessiné pour eux et fabriqués par des artistes costumiers.

 

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Reiner Riedler, Fake Holidays, Erstausg (Allemagne), München Moser, 2009.

 

Voici offert à notre regard quelques clichés sur le monde fantastique des parcs d’attraction ou de loisirs. Tout se joue, l’espace d’une image, à la limite entre le faux et la réalité.

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Jonathan Nolan et Lisa Joy, West World (série),  première diffusion 2 octobre 2016.

 

West World est un parc d'attractions futuriste recréant l'univers du Far West à l’identique (costumes, objets, paysages...). Il est peuplé de robots humanoïdes, et ses visiteurs, peuvent y faire ce qu'ils veulent sans avoir à en subir les conséquences.
Le scénario nous pousse à nous questionner sur le rapport qu'entretiennent nos sociétés au parc d'attraction.